Colloque FEMAGE 2026 : retour sur notre journée annuelle

Colloque FEMAGE 2026 : retour sur une journée pour construire la santé globale de proximité !

Le 9 octobre 2026, la Société Industrielle de Mulhouse (SIM) a accueilli le 9ᵉ colloque régional de la FEMAGE, « Vers une santé globale de proximité : construire et innover dans les territoires ». Une journée dense, rythmée par une table ronde et des ateliers participatifs, qui a réuni les équipes de soins primaires du Grand Est, leurs partenaires et les institutions autour d’une même conviction : la santé se construit au plus près des habitants, et à plusieurs.

Professionnels de santé, coordinateurs de MSP et de CPTS, élus, étudiants et partenaires institutionnels : 114 participants ont fait le déplacement pour échanger, partager leurs expériences et repartir avec des outils concrets.

Retour sur les temps forts du colloque, avec les supports présentés à télécharger.

La journée s’est ouverte par les mots d’accueil de : 

➡️ Madame le Dr Carole LARGER-AUBRY, présidente de la FEMAGE,

➡️ Mme Christelle RATIGNIER-CARBONNEIL, directrice générale de l’ARS Grand Est

➡️ Monsieur Maxime ROUCHON, directeur de la CPAM du Bas-Rhin – DCDGR Grand Est

➡️ Madame le Docteur Céline DELLINGER-JOLY, ARC MSA

➡️ Mme Nadège HORNBECK, vice-présidente chargée de la Santé et du Handicap Région Grand Est

🎥 La vidéo de la table ronde est à revoir sur notre chaîne YouTube : https://youtu.be/b_q_dBD3akw

La table ronde de la matinée a donné la parole à celles et ceux qui, en MSP, en CPTS, dans les collectivités et les institutions, font déjà vivre cette santé globale au quotidien. Retour sur des échanges riches, ancrés dans le terrain.

👥 Intervenants :

  • Mme Anaïs CAYLA (MSP Hautepierre Strasbourg)
  • Dr Frédéric TRYNISZEWSKI (CPTS de Mulhouse)
  • Mr Julien AIMÉ (PSGE)
  • Dr Jacques BOUGUENNEC (Assurance Maladie-DCDGR GE)
  • Mr Rémy BANULS (Eurométropole Strasbourg)
  • Dr Partick VUATTOUX (AVECSanté)

 

🎤 Animateur :

  • Mr Valéry DUBOIS

 

Aller vers ceux qui ne poussent jamais la porte

40 % des Français déclarent avoir eu du mal à accéder aux soins là où ils vivent, et 80 % ont déjà renoncé à consulter. Julien Aimé, de Promotion Santé Grand Est, a planté le décor : dans les zones rurales, plus de la moitié des habitants rencontrent ces difficultés. Pour lui, agir sur les inégalités sociales et territoriales a parfois plus d’effet sur la santé qu’agir sur le soin lui-même.

Le non-recours n’est pas que rural. Anaïs Cayla, coordinatrice de la MSP de Hautepierre, a décrit un quartier prioritaire de Strasbourg où se cumulent barrière de la langue, fracture numérique et précarité. Grâce à l’expérimentation « article 51 » consacrée aux structures d’exercice coordonné participatives, l’équipe a pu financer du temps de médiation en santé : aide pour la carte Vitale ou un dossier MDPH, récupération d’un compte rendu d’hospitalisation, lien avec le centre socioculturel ou les acteurs du logement.

Cet aller-vers se fait toujours à plusieurs : en salle d’attente, dans la rue avec le bus Spot Santé de la Ville de Strasbourg, ou aux côtés de la Ligue contre le cancer. Car comprendre comment fonctionne le système de santé est déjà, pour beaucoup d’habitants, une première étape.

Le camion qui va chercher les patientes

À Mulhouse, où 45 à 50 % de la population vit en quartier prioritaire, la CPTS a fait le choix d’un grand camion équipé d’un mammographe. Frédéric Tryniszewski en a présenté les résultats : selon une thèse menée sur le dispositif, 80 % des femmes accueillies n’avaient jamais eu de mammographie. Pourtant, la plupart avaient un médecin traitant qui leur en parlait.

La différence se joue dans l’« amener-vers » : associations de quartier et centres socioculturels accompagnent les femmes sur les derniers mètres. L’unité mobile propose aussi bilans de prévention, apprentissage de l’autopalpation, nutrition et activité physique, et a vocation à rayonner dans tout le département, jusqu’aux territoires ruraux.

Sortir de la précarité des expérimentations

« Répondre à la précarité par un système lui-même précaire » : la formule résume l’inquiétude des équipes engagées dans l’innovation. À Hautepierre, avant l’article 51, il fallait assembler appels à projets et appels à manifestation d’intérêt, alors que la confiance avec des patients fragiles se construit sur des années. L’expérimentation est désormais terminée ; le passage au droit commun est envisagé dans le PLFSS 2027 pour les 26 structures concernées, mais l’élargissement à une centaine de structures a été revu à la baisse.

Pour le Dr Jacques Bouguennec, de l’Assurance Maladie, le chemin vers le droit commun est long : une expérimentation doit prouver à la fois son efficacité et un coût raisonnable. Il observe aussi qu’un financement disponible n’est pas forcément utilisé : il faut parfois plusieurs années pour qu’un nouveau dispositif soit connu et mobilisé par les équipes.

Les collectivités, actrices de la santé

Rémi Banuls a présenté l’engagement de l’Eurométropole de Strasbourg, lauréate en 2019 de l’appel à projets « Territoires d’innovation de grande ambition ». Le programme mobilise 10 millions d’euros sur 10 ans, avec la Région, l’université, l’ARS, les hôpitaux et la CPAM, et associe huit territoires ruraux. Son enseignement principal : la technologie n’a de sens que si elle soutient une organisation de proximité.

Exemple parlant, à Mulhouse : des aides à domicile formées pour peser les personnes âgées, repérer les signes de dénutrition et alerter une diététicienne de coordination. Un temps de coordination indispensable, mais encore rarement financé.

Prévenir, et le prouver

Pour les maladies cardiovasculaires et métaboliques, un malade sur deux s’ignore. Le Dr Jacques Bouguennec l’a rappelé : en France, la prévention repose surtout sur les soignants, faute de modèle économique dédié. Les bilans de prévention aux âges clés en sont l’illustration : les pharmaciens s’en sont largement emparés, les infirmiers peinent à dégager du temps.

Delphine Picamelot, coordinatrice de MSP dans le Bas-Rhin, a exprimé une réalité partagée dans la salle : comment demander à des professionnels déjà débordés de retirer du temps au soin ? Elle plaide pour financer du temps dédié et développer de nouveaux métiers, comme les médiateurs en santé, au sein des MSP.

Comment évaluer ce qui marche ?

Interpellée par Pierre Tryleski, vice-président de la FEMAGE, sur le déficit de l’Assurance Maladie, la table ronde s’est arrêtée sur l’évaluation. L’Assurance Maladie prépare des indicateurs à l’échelle des territoires, dont une partie sera rendue publique, et des outils de datavisualisation pour les médecins généralistes.

Les intervenants ont apporté plusieurs nuances :

  • Julien Aimé : de bons indicateurs supposent des objectifs bien formulés dès le départ, d’où l’importance de la méthodologie de projet.
  • Frédéric Tryniszewski : la prévention primaire ne se mesure pas en deux ans ; il faut garantir la qualité de la méthode plutôt qu’exiger des résultats immédiats.
  • Rémi Banuls : le bon échelon pour piloter, c’est le bassin de vie.
  • Patrick Vuattoux : les chercheurs proposent de généraliser plus vite, avec une évaluation au fil de l’eau associant les usagers.

 

Faire avec, et faire équipe

« Aller vers, oui ; faire avec, c’est encore mieux. » Le Dr Violaine Brunelli, vice-présidente de la FEMAGE, a rappelé que la promotion de la santé précède la prévention et que les messages descendants passent mal. La MSP, comme la CPTS, est légitime pour porter la voix des professionnels mais aussi celle des habitants.

Les médiateurs santé de la MSP du Neuhof, à Strasbourg, en ont témoigné : ateliers collectifs, échanges entre pairs, attention portée à l’alimentation ou à l’accès à la culture. Anaïs Cayla a présenté le livre « La santé, ça vous parle ? », né d’une enquête des trois premières MSP strasbourgeoises auprès des habitants sur ce qui, pour eux, fait santé et fait maladie. Beaucoup de ces réponses échappent aux statistiques.

Côté ARS, Édouard Martin a souligné que la structuration de l’exercice coordonné reste un levier majeur de prévention, et que le réseau France Santé, qui vise près de 300 structures en Grand Est d’ici 2027, peut intégrer la prévention dans ses indicateurs.

La synthèse de Patrick Vuattoux

Pour le co-président d’AvecSanté, répondre seul aux défis de santé des territoires est voué à l’échec : c’est l’équipe, à part entière, qui doit s’organiser. Le temps de prévention ne se résume pas à un nombre de bilans ; il suppose d’aller chercher les personnes et d’organiser les solutions d’aval avec les ressources du territoire. Il a salué la reconnaissance de l’équipe à travers la file active d’équipe de Maison France Santé, réseau dont plus de 72 % des structures sont des MSP.

Il a enfin insisté sur le diagnostic partagé, qui croise données statistiques et paroles recueillies sur le terrain, et sur le rôle incontournable des fédérations régionales pour accompagner la structuration des équipes et les plus de 40 projets de MSP émergents en Grand Est.

Place à la pratique ! Après la pause, les participants se sont répartis dans les ateliers au choix. Méthodes d’animation créatives, études de cas, témoignages de terrain : chaque atelier a été pensé pour repartir avec des pistes d’action concrètes, à mettre en œuvre dès le retour en structure.

Lancer une action de santé publique, ce n’est pas gravir un sommet : c’est mobiliser les compétences de chacun. Les ingrédients qui font réussir l’action sont les mêmes que ceux qui soudent l’équipe.

🎤 Animation : Manon Dumas, chargée de mission santé publique, Ophélie Henry et Nadine Weiss, animatrices territoriales de la FEMAGE, et Cinthya Henon, kinésithérapeute, gérante-coordinatrice de la MSP de Vézelise et membre du conseil d’administration de la FEMAGE.

👥 Participants : 35 professionnels de santé, coordinateurs, partenaires et représentants de l’ARS.

Tout a commencé par le « défi du chamallow » : 10 minutes pour construire, en équipe, la plus haute tour de spaghettis surmontée d’un chamallow ! Un brise-glace ludique qui a ouvert la réflexion sur les rôles de chacun, avec un apport sur la matrice RACI. Les participants ont ensuite listé sur post-it les ingrédients de la cohésion d’équipe d’un côté, ceux d’une action de santé publique réussie de l’autre, avant de les confronter. Enfin, quatre situations concrètes (vaccination antigrippale, atelier diabète, arrivée d’un nouveau coordinateur, action nutrition) ont permis à chaque table de composer sa « recette ».

💡 Ce qu’il faut retenir

  • Un cercle vertueux. Mener une action ensemble permet de mieux se connaître, de clarifier les rôles et d’améliorer la communication ; inversement, une équipe soudée porte ses actions plus facilement et plus longtemps.
  • Les mêmes ingrédients. Interconnaissance et confiance, rôles et compétences reconnus, méthode commune, communication, temps, sens et motivation partagés.
  • Pas de pilote, pas de décollage. Sans pilote identifié ni répartition claire (qui fait, qui valide, qui est informé), une action enthousiasmante ne démarre pas. Un objectif partagé, un rétroplanning et des points d’étape réguliers sont nécessaires.
  • Pas de recette unique. Les ustensiles existent (coordination, tableau RACI, rétroplanning, outil de communication partagé, fiche action…) : à chaque équipe d’adapter les siens.

 

🚀 Pour passer à l’action

  • Afficher un tableau RACI en réunion pluriprofessionnelle, fixer un rétroplanning avec des échéances nommées, identifier un référent et prévoir des points d’étape.
  • Formaliser l’action dès son lancement (lettre de mission ou fiche action) et créer tôt le lien avec la CPTS et l’ARS pour le financement et le relais, sans oublier les partenaires territoriaux.
  • Se former en équipe : PACTE (amélioration continue du travail en équipe), management des organisations de soins primaires (ICN), DU de coordination d’actions de santé publique en soins primaires.

 

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Les ingrédients de la cohésion d’équipe et d’une action de santé publique, réunis sur post-it

Une des quatre situations d’action de santé publique travaillées en atelier

     

Bien manger, un levier de santé individuelle et collective : des pratiques de soins aux initiatives territoriales, les équipes de soins primaires peuvent promouvoir l’accès à une alimentation saine, durable, équitable et favorable à la santé humaine comme à celle de la planète.

🎤 Animation : Dr Violaine Brunelli-Mauffrey, vice-présidente de la FEMAGE, Adeline Bouvard, animatrice territoriale de la FEMAGE pour les Ardennes, et Dr Alice Baras, chargée de mission santé-environnement à la FEMAGE.

💬 Témoignage : Anne-Sophie Durand, présidente de l’association Les Petites Cantines de Mulhouse.

👥 Participants : 15 participants : médecins généralistes, infirmiers, pharmaciens, diététiciens, coordinateurs, cadres de santé, chargés de mission, étudiants et partenaires.

Le constat de départ est sans appel : notre système alimentaire produit simultanément des problèmes de santé (hausse de plusieurs pathologies chroniques, dont le diabète), de la précarité alimentaire (environ 8 millions de personnes en insécurité alimentaire), de la précarité agricole (18 % des agriculteurs sous le seuil de pauvreté) et des dommages environnementaux (source : « L’injuste prix de notre alimentation », 2024).

Après un apport sur l’alimentation saine et durable et sur l’entrée de la santé environnementale dans l’ACI avec l’avenant 2, les participants ont travaillé en îlots sur deux échelles : l’accompagnement individuel de M. Trady, patient diabétique, de la première consultation à six mois ; et une approche populationnelle autour de deux initiatives, les ordonnances vertes et la qualité de l’eau face à l’exposition au cadmium. L’objectif : mettre en regard ce qui change entre approche individuelle et approche populationnelle.

💡 Ce qu’il faut retenir

  • L’alimentation, déterminant majeur de santé. Dans une approche « Une seule santé », promouvoir l’accès de toutes et tous à une alimentation de qualité, c’est agir à la fois sur la santé humaine, les écosystèmes et les inégalités sociales et environnementales de santé. Il s’agit de dépasser les messages injonctifs (« 5 fruits et légumes par jour ») au profit d’une promotion de la santé qui renforce le pouvoir d’agir des habitants.
  • Une nouvelle dynamique conventionnelle. Avec l’avenant 2 de l’ACI, la santé environnementale intègre les indicateurs optionnels des MSP, et de nombreux outils sont déjà disponibles pour accompagner les équipes.
  • Individuel et populationnel, complémentaires. L’accompagnement d’un patient s’appuie sur l’équipe pluriprofessionnelle et les ressources du territoire ; les actions territoriales prolongent le soin au-delà du cabinet.
  • Partir de ce qui est « déjà là ». De nombreux acteurs mènent déjà des actions : créer des liens avec eux et rejoindre leurs dynamiques collectives est une piste à privilégier. Exemple inspirant : Les Petites Cantines de Mulhouse, où l’on cuisine et partage le repas ensemble, avec des produits de qualité, de saison et locaux, à prix libre.

 

🚀 Pour passer à l’action

  • Intégrer les thérapeutiques non médicamenteuses, les ateliers collectifs ou les jardins partagés dans les protocoles pluriprofessionnels (prévention de l’obésité, diabète).
  • Aller à la rencontre des initiatives engagées pour un accès équitable à une alimentation de qualité : Les Petites Cantines, le programme DiDA « Dignité dans les assiettes » (Terres de Lorraine), les AMAP, les Petits ateliers nutritifs de la MSA…
  • Développer les actions avec et à l’échelle de la collectivité.

 

💬 Paroles de participants

« On va gagner à commencer par regarder ce qui est « déjà là », les acteurs et associations sociales ! »  — un médecin

« Ça motive à aller au-delà de l’approche individuelle. »  — un médecin

« On a plein de choses à faire ensemble. »  — un représentant institutionnel / associatif

 

 

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Temps de témoignage : Anne-Sophie Durand présente Les Petites Cantines de Mulhouse

Les participants de l’atelier « À table ! »

À travers l’exemple du programme RETINOEST, la complémentarité des acteurs et la coordination des interventions permettent de construire un parcours plus accessible pour les patients diabétiques en écart aux soins.

🎤 Animation : Julia Lebrun, animatrice territoriale de la FEMAGE pour la Marne, Lucie Pierret et Corélie Wernert, chargées de mission RETINOEST pour la Lorraine et l’Alsace.

💬 Intervenants : Karine Brillault, responsable du dispositif Sophia de l’Assurance Maladie (CPAM de Lille-Douai) ; Sandy Jecko, directeur de la CPTS du Barrois (Meuse) ; Edith Rieffle et Fanny Roy, infirmières référentes RETINOEST en Alsace ; Céline Maire, référente parcours au DAC Appui Santé Vosges.

👥 Participants : 34 participants : médecins généralistes, coordinateurs, médecin conseil, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, médiateur en santé, directeurs, chargés de mission…

Protocole de coopération ou protocole pluriprofessionnel ? L’atelier a d’abord clarifié ces deux notions, avant de prendre pour fil conducteur le protocole national de coopération n° 21 : la réalisation de photographies du fond d’œil par un orthoptiste et/ou un infirmier, en lieu et place d’un ophtalmologiste. Le programme RETINOEST en est l’illustration concrète, avec son dépistage itinérant et son organisation territoriale. Les partenaires ont ensuite croisé leurs témoignages pour montrer, étape par étape, la contribution de chacun au parcours patient : repérage, orientation, dépistage et accompagnement.

 

💡 Ce qu’il faut retenir

  • Chacun son rôle dans le parcours. Le dispositif Sophia de l’Assurance Maladie identifie et contacte les patients concernés ; la CPTS fédère les professionnels du territoire ; les pharmaciens repèrent, sensibilisent et orientent ; les bus santé vont au-devant des patients ; le DAC apporte un accompagnement complémentaire, qu’il s’agisse d’éducation à la santé ou de difficultés sociales.
  • Se connaître pour mieux s’organiser. La réussite d’un projet collectif repose sur la capacité des acteurs à comprendre leurs missions respectives, à identifier leurs complémentarités et à s’organiser ensemble.
  • L’aller-vers, au plus près des patients. Notamment dans les territoires où l’accès aux soins est difficile, et avec des relais prévus après le dépistage pour les patients nécessitant un suivi.

 

🚀 Pour passer à l’action

  • Renforcer l’interconnaissance entre acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux d’un même territoire.
  • Identifier collectivement les patients en écart aux soins et formaliser les modalités de repérage, d’orientation et de suivi.
  • S’appuyer sur les CPTS pour fédérer les professionnels et intégrer le projet aux dynamiques territoriales existantes.
  • Renforcer la coordination entre médecins généralistes, ophtalmologistes, infirmiers et orthoptistes pour assurer la continuité du parcours.

 

💬 Paroles d’intervenants

« Connaître les sessions de dépistage RETINOEST est une réelle plus-value pour les infirmières conseillères en santé de Sophia : lors de leurs appels, elles peuvent compléter l’entretien motivationnel et les actions de prévention par une orientation concrète vers une offre de dépistage de proximité, adaptée au territoire du patient. »  — Karine Brillault, dispositif Sophia, Assurance Maladie

« RETINOEST est un dispositif déjà structuré et organisé, que la CPTS a pu relayer auprès des professionnels de santé de son territoire. Cela illustre pleinement le rôle d’une CPTS : coordonner les actions de santé, notamment de prévention, et faciliter leur déploiement local. »  — Sandy Jecko, CPTS du Barrois

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Après la pause déjeunatoire, propice aux échanges et aux retrouvailles entre équipes, les participants ont rejoint une deuxième série d’ateliers au choix.

Il n’existe pas une coordination, mais des coordinations : une fonction plurielle, qui se réinvente tout au long de la vie de chaque structure et qui ne se copie-colle pas d’une équipe à l’autre.

🎤 Animation : Océane Dudzinski, animatrice territoriale de la FEMAGE pour la Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Vosges, Julia Lebrun, animatrice territoriale pour la Marne, et Dr Pierre Tryleski, médecin généraliste et vice-président de la FEMAGE.

💬 Intervenant : Dr Christophe Rohrbach, médecin généraliste et formateur PACTE CPTS.

👥 Participants : 12 professionnels de santé et coordinateurs de MSP et de CPTS.

Pas de cours magistral ici : la formation PACTE existe pour cela ! L’ambition de l’atelier était de faire émerger, à partir du vécu des participants, ce que recouvre concrètement la coordination, ses multiples visages et ses points de vigilance. Avec un mot d’ordre : « sortir avec des questions posées plutôt que des réponses données ».

Répartis en trois sous-groupes, les participants ont plongé dans des cas pratiques tirés des accompagnements de la FEMAGE : une MSP de 10 ans en pleine transition, une MSP multisite de 2 ans en tension autour d’un projet très médico-centré, et une CPTS en 3ᵉ année dont la coordinatrice est en surcharge. Le travail suivait un cycle d’apprentissage expérientiel : découvrir la situation, repérer les faits et les ressentis, analyser les enjeux avec une grille forces / faiblesses / opportunités / risques… puis se poser la question : « Si j’étais dans cette situation, que mettrais-je en place ? ». Chaque groupe a restitué sa production, mise en perspective en direct par les animateurs et Christophe Rohrbach.

 

💡 Ce qu’il faut retenir

  • Pas une coordination, mais des coordinations. Une MSP mature, une MSP multisite récente et une CPTS en croissance n’appellent pas la même coordination. Chaque structure, avec sa taille, son histoire et son territoire, façonne la sienne : pas de modèle à reproduire tel quel.
  • Une fonction qui évolue avec la structure. Organisation et administratif au démarrage, animation et remobilisation en phase de maturité, priorisation et structuration quand l’activité se développe. Les transitions (arrivées, départs, SISA, ACI) sont des moments clés pour la réajuster.
  • Au carrefour de plusieurs attentes. Le coordinateur compose avec celles de l’équipe, des partenaires et des financeurs. Un cadre partagé (fiche de poste, missions, gouvernance) et une charge de travail équilibrée rendent la fonction lisible et durable.
  • Celui qui décentre et rassemble. Écouter chacun, cerner les intérêts de tous et ramener l’équipe au patient et au projet de santé, grâce à trois leviers : la communication, le partage des rôles et la transparence des arbitrages.
  • Bâtir à partir de l’existant. Des équipes qui se complètent, des professionnels impliqués, la reconnaissance des partenaires, les compétences des coordinateurs : les forces ne manquent pas !

 

🚀 Pour passer à l’action

  • Adapter la coordination à chaque étape de vie : faire régulièrement le point en équipe sur les missions attendues, les réajuster aux moments de transition et réviser le projet de santé.
  • Poser un cadre partagé : fiche de poste et fiche mission co-construites, gouvernance clarifiée (bureau, CA, présidence), suivi du temps passé et projection budgétaire pour envisager un renfort si besoin, en lien avec les financeurs (ARS, CPAM).
  • Faire vivre le collectif : accueil des nouveaux professionnels, présentation du projet en amont de l’adhésion, démarche qualité interne (questionnaire bien-être proposé par la FEMAGE, entretiens individuels), team building, idéalement à l’initiative des professionnels.
  • Se former et échanger entre pairs : s’appuyer sur la formation PACTE et sur l’accompagnement de la FEMAGE pour prendre du recul sur sa posture et partager les pratiques.

 

💬 Paroles de participants

« La coordination ne concerne pas une seule personne, mais l’ensemble de l’équipe. »  — une coordinatrice

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La pluriprofessionnalité est acquise, l’interprofessionnalité reste à construire : c’est ce qu’a révélé cet atelier.

 

🎤 Animation : Ophélie Henry, animatrice territoriale, et Céline Flament, assistante de direction et chargée de communication de la FEMAGE.

 

👥 Participants : 19 participants : coordinateurs, infirmiers en pratique avancée, infirmiers, médecin généraliste, psychologue, sage-femme.

 

Travailler côte à côte, ce n’est pas toujours travailler ensemble. L’atelier s’est ouvert sur la restitution d’un questionnaire préparatoire et sur les définitions de la pluri- et de l’interprofessionnalité, illustrées par un retour d’expérience. Les participants se sont ensuite positionnés physiquement sur une échelle de maturité de 0 à 4, avant de travailler en sous-groupes mixtes sur les freins et les leviers. Chaque groupe a restitué ses idées sous un format créatif tiré au sort : scénette, dessin, mime ou interview fictive !

 

💡 Ce qu’il faut retenir

  • Un cap à franchir. Lors de l’auto-positionnement, aucun participant ne s’est placé aux niveaux 0, 1 ou 4 : les MSP ont bien dépassé le simple « côte à côte » et sont engagées dans la pluriprofessionnalité, mais peinent encore à franchir le cap d’une interprofessionnalité pleinement aboutie.
  • L’humain d’abord. La cohésion, la convivialité et la reconnaissance mutuelle comptent autant que les moyens matériels.
  • L’indemnisation, des deux côtés. Citée à la fois comme frein et comme levier, elle conditionne fortement l’engagement des professionnels.
  • Le temps, enjeu central. Premier frein… et premier levier dès lors qu’il est organisé et reconnu.

 

 

Les leviers identifiés

 

  • Se donner du temps : réunions d’équipe à jour fixe ou en roulement, au moment le plus adapté (pause méridienne, soirée…).
  • Cultiver la convivialité et disposer de lieux de rencontre (salle de réunion, salle de pause) qui favorisent les échanges informels.
  • Construire une culture commune : connaître le projet de santé et y adhérer (en le présentant aux nouveaux arrivants), partager des actions de santé publique.
  • Reconnaître les compétences de chacun pour dépasser les logiques hiérarchiques et construire une relation d’égal à égal.
  • Miser sur les jeunes professionnels, formés dans un contexte plus collaboratif.
  • Un leadership qui fédère sans imposer, participatif plutôt que directif.
  • S’appuyer sur des moyens concrets (coordination, logiciel partagé, financement des temps collectifs), se former (formations pluriprofessionnelles, management) et se faire accompagner par la FEMAGE.

 

 

💬 Paroles de participants

« L’interprofessionnalité ne peut se mettre en place que s’il y a un fonctionnement horizontal dans l’équipe. »  — un médecin généraliste

« L’interprofessionnalité tombe sous le sens pour les professions médicales comme les médecins et les infirmières, mais pour les paramédicaux, est-ce une nécessité ? »  — une psychologue

 

 

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Bien accueillir aujourd’hui, c’est attirer demain : la MSP lieu de stage, une carte maîtresse pour nos territoires.

🎤 Animation : Adeline Bouvard et Frédérique Ehlinger, animatrices territoriales à la FEMAGE, avec Carole Larger-Aubry, présidente de la FEMAGE, venue en tant que membre du CA et pour partager son expérience de maître de stage (PAMSU)

💬 Témoignage : un futur docteur junior qui rejoindra le 2 novembre, pour un an, la MSP de Carole Larger-Aubry

👥 Participants : professionnels de santé de MSP (médecins généralistes maîtres de stage, infirmiers, kinésithérapeutes), coordinateurs et coordinatrices, un futur docteur junior

L’atelier s’est ouvert sur le cadre législatif. Les animatrices ont présenté la réforme, le dispositif MSP lieu de stage et ce qui change côté rémunération, pour les docteurs juniors comme pour les maîtres de stage. Place ensuite au jeu des 7 familles, façon World Café. En sous-groupes, les participants ont imaginé l’accueil idéal autour de six thèmes : accueil humain, bien-être, numérique, territoire, logement et commodités. Leurs idées allaient du repas du midi partagé au studio meublé près de la MSP, sans oublier la machine à café à grains ! Les premiers retours d’un questionnaire diffusé auprès des étudiants en santé du Grand Est ont ensuite été partagés. Ils sont encore trop peu nombreux pour une analyse solide. Enfin, un futur docteur junior, qui rejoindra la MSP de Carole Larger-Aubry le 2 novembre, est venu témoigner de ses attentes.

💡 Ce qu’il faut retenir

  • Loin des clichés sur la Gen Z. La priorité des jeunes reste l’accueil qu’on leur réserve. Ils mettent un vrai accent sur le confort de vie et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
  • La proximité compte. La distance entre le domicile et le lieu de stage est un critère important. Un territoire vivant est apprécié, mais finalement pas si primordial.
  • Un numérique prêt le jour J. Accès au logiciel métier, agenda ouvert en amont et informatique fonctionnelle dès l’arrivée font toute la différence.
  • Des zones de flou à lever. L’indemnisation des docteurs juniors et de la MSP lieu de stage, ainsi que les questions d’assurance et de responsabilité, restent à préciser. Pour l’instant, cela freine la contractualisation directe avec la SISA.

🚀 Pour passer à l’action

  • Préparer l’arrivée de l’étudiant avec une checklist et un rétroplanning des actions à mener en amont.
  • Remettre à chaque étudiant un livret d’accueil propre à la structure, à décliner par les MSP et leurs coordinateurs.
  • S’appuyer sur le guide de bonnes pratiques de l’accueil des étudiants en santé en MSP, que la FEMAGE prépare à partir des idées du World Café.
  • Suivre les évolutions du dispositif grâce à la veille de la FEMAGE, en lien avec AVECsanté. Elle porte notamment sur l’indemnisation, l’assurance et l’extension demandée du dispositif à l’ensemble des étudiants en santé.

💬 Paroles de participants 

« Est-ce que, professionnels de santé, on n’a pas envie nous aussi d’avoir du temps de repos, d’être respectés, de trouver du sens à notre travail ? Est-ce que c’est générationnel ? J’en doute. Il faut prendre de l’expérience des uns et de la fraîcheur des autres. » – Fonction : professionnelle de santé en MSP, lors de la restitution sur les clichés « Gen Z »

« Si c’est pour refaire un stage comme un externe, je n’ai pas envie. Ce qui compte, c’est d’arriver avec un livret d’accueil, des accès informatiques qui fonctionnent et un planning déjà rempli. » – Fonction : futur docteur junior en médecine générale

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Prendre soin ne se réduit pas aux soins : la santé dépend très largement de déterminants sociaux. L’exercice coordonné peut les repérer et agir grâce à des outils concrets : score EPICES, médiation en santé, prescription sociale…

🎤 Animation : Dr Violaine Brunelli-Mauffrey, médecin généraliste et vice-présidente de la FEMAGE, Manon Dumas, chargée de mission santé publique, et Nadine Weiss, animatrice territoriale de la FEMAGE.

💬 Intervenants : Edouard Casteuble et Alexia Durr, MSP du Neuhof (médiation en santé en quartier prioritaire) ; Patrick Poivre, la Vôge-les-Bains (médiation en santé en zone rurale) ; Lina El Mouatassim, Fédération française pour les liens sociaux (prescription sociale).

👥 Participants : 26 participants : professionnels de santé, coordinateurs de CPTS et de MSP, partenaires dont Promotion Santé Grand Est.

Pour entrer dans le sujet, les participants ont d’abord reconstitué en équipe, cartes en main, le parcours de soins de « Karine » sur un plateau. Des apports sur les déterminants de la santé, la précarité, la vulnérabilité, la littératie en santé et le PRAPS Grand Est ont précédé trois témoignages de terrain. Place ensuite à un World Café « Et maintenant, comment agir ? » autour de quatre tables : repérer, orienter, prendre en charge et plaidoyer, avant un tour de clôture : « J’ai senti que… / Je retiens que… / J’ai envie de… ».

💡 Ce qu’il faut retenir

  • La santé dépend en grande partie de facteurs non médicaux : modes de vie, environnement, conditions sociales. La précarité est multidimensionnelle (économique, sociale, professionnelle, logement, littératie en santé) et ne se confond pas avec la pauvreté.
  • Des outils existent : le score EPICES pour repérer, l’entretien motivationnel pour agir à un premier niveau, la médiation en santé pour faire le lien, la prescription sociale pour orienter vers des ressources locales (santé, activités sociales, accès aux droits).
  • L’exercice coordonné est le bon niveau pour repérer et coordonner avec les acteurs sociaux et locaux : MSA (programme DECLIC), CPAM (MILAS, service social), contrats locaux de santé, médecine du travail, travailleurs sociaux, DAC…
  • De forts enjeux financiers : prendre en compte la précarité, en milieu rural comme urbain, suppose des ressources pérennes et le développement de nouveaux métiers et dispositifs.

 

🚀 Pour passer à l’action

  • Intégrer les déterminants sociaux dans le projet de santé des MSP et des CPTS, et utiliser les outils de repérage (EPICES) et de médiation.
  • Collaborer avec les acteurs locaux (sociaux, associatifs, médiation, collectivités) : commencer par l’interconnaissance, puis construire des parcours coordonnés.
  • Étudier le déploiement d’une démarche de prescription sociale sur son territoire, avec l’appui de la Fédération française pour les liens sociaux.
  • Porter un plaidoyer, en interne comme en externe : on n’est pas seul dans la prise en charge ; prendre en compte le patient dans sa globalité, y compris sa santé sociale.
  • L’astuce à retenir : quand un patient répond « on verra », lui demander « Pourquoi faire plus tard ? ».

 

📥 À télécharger et ressources

  • Le support de présentation de l’atelier (PDF)
  • Le PRAPS Grand Est sur le site de l’ARS Grand Est
  • Le score EPICES (IRDES), pour le repérage de la précarité
  • Guide de la médiation en santé, cohérent avec le référentiel HAS (cité dans le support de présentation)
  • Fédération française pour les liens sociaux : prescription sociale, QR code de manifestation d’intérêt (dans le support de présentation)

 

📸 En images

 

World Café : la table « Repérer » complétée par le groupe rural

World Café : la table « Repérer » complétée par le groupe urbain

Vous souhaitez mettre en œuvre l’une de ces pistes dans votre MSP ou votre territoire ? L’équipe de la FEMAGE est à vos côtés pour vous accompagner !

Merci à toutes et tous ! 

 

Une journée riche, collective et résolument tournée vers l’action !

 

Un grand merci aux intervenants de la table ronde, aux animateurs et intervenants des ateliers, et aux participants pour leur énergie et leurs idées.

 

Merci à nos partenaires, l’ARS Grand Est, la Région Grand Est, l’Assurance Maladie et la MSA, pour leur soutien.

 

Merci aussi aux partenaires présents sur leurs stands tout au long de la journée : leur disponibilité et la qualité des échanges ont fait vivre ce colloque au-delà des temps en salle. Enfin, merci à la Société Industrielle de Mulhouse pour son accueil.