Fin programmée des SECpa : une décision qui menace l’accès aux soins dans les territoires les plus fragiles
La Fédération de l’Exercice coordonné et des MAisons de Santé en GE (FEMAGE) exprime sa très vive inquiétude face à l’annonce de l’arrêt programmé, au 30 avril prochain, de l’expérimentation nationale des Structures d’Exercice Coordonné Participatives (SECpa).
Depuis cinq ans, cette expérimentation, issue du Ségur de la Santé et déployée dans 26 territoires au niveau national, a permis de développer une organisation innovante de soins primaires, particulièrement adaptée à la prise en charge des patients en situation de grande complexité sociale et médicale.
Dans le territoire du Grand-Est et plus particulièrement de l’Eurométropole de Strasbourg, deux structures illustrent pleinement la réussite de ce dispositif :
- la Maison urbaine de santé (MUS) du Neuhof,
- la Maison urbaine de santé (MUS) de Hautepierre.
Implantées dans des quartiers particulièrement exposés aux inégalités sociales et territoriales de santé, ces structures assurent une offre de soins essentielle, en facilitant l’accès à la prévention, au suivi médical et à la coordination des parcours de santé des habitants.
Une décision brutale aux conséquences majeures
L’annonce récente de la fin de l’expérimentation, accompagnée de perspectives de financement fortement réduites, suscite une préoccupation majeure. Les orientations évoquées pourraient conduire à une diminution très significative des moyens alloués, mettant directement en péril l’équilibre financier de ces structures.
Une telle évolution fragiliserait inévitablement les équipes pluriprofessionnelles engagées, notamment en matière de ressources humaines, et pourrait entraîner la réduction, voire l’arrêt, d’activités pourtant indispensables à des populations déjà en difficulté d’accès aux soins.
Une expérimentation pourtant reconnue
Cette situation est d’autant plus incompréhensible que le modèle SECpa avait reçu, en mars 2025, un avis favorable du Comité technique de l’innovation en santé, instance associant notamment l’Assurance maladie, le ministère chargé de la Santé et les Agences régionales de santé.
Au-delà de SECpa, cette décision interroge plus largement la capacité des dispositifs d’expérimentation à déboucher sur des solutions pérennes, alors même qu’ils mobilisent fortement les professionnels de santé et démontrent leur efficacité sur le terrain.
FEMAGE appelle à des solutions rapides et pérennes
La FEMAGE alerte solennellement les pouvoirs publics sur les conséquences sanitaires et sociales d’une telle décision. Renoncer aux acquis de cette expérimentation reviendrait à accentuer les inégalités d’accès aux soins et à freiner la transformation pourtant nécessaire de notre système de santé.
La fédération appelle à :
➡️ la sécurisation rapide des financements permettant la continuité des activités des structures concernées ;
➡️ la reconnaissance et la pérennisation des organisations pluriprofessionnelles ayant démontré leur efficacité ;
➡️la mise en place d’un cadre lisible garantissant la stabilité des équipes engagées auprès des populations les plus vulnérables.
La FEMAGE réaffirme son soutien aux professionnels mobilisés au sein des SECpa et reste pleinement disponible pour contribuer à toute concertation visant à préserver ces dispositifs essentiels pour les territoires.
Pour le Conseil d’Administration de la FEMAGE
Carole LARGER-AUBRY, Présidente –
Violaine BRUNELLI-MAUFFREY, Vice-Présidente (Lorraine)
Pierre TRYLESKI, Vice-Président (Alsace)
CONTACTS PRESSE :
Dr Carole LARGER-AUBRY – Présidente – carole.larger@femage.fr – 06 64 20 95 53
Nicolas DECHASSAT – Directeur – nicolas.dechassat@femage.fr – 06 45 56 91 81
Céline FLAMENT – Assistante de direction – celine.flament@femage.fr – 07 87 14 78 46
Dr Violaine BRUNELLI-MAUFFREY – Vice-présidente Lorraine – violaine.mauffrey@femage.fr – 03 54 17 00 70
Dr Pierr TRYLESKI – Vice-président Alsace – pierre.tryleski@femage.fr